Les plastiques constituent le matériau de base de nombreux produits nouveaux et avantageux qui répondent à nos besoins actuels et futurs. Les plastiques dégradables sont un membre relativement nouveau de la famille des plastiques et ils peuvent nous procurer une meilleure flexibilité dans la conception des matériaux pour convenir non seulement à leur durée de vie et à leur utilisation en tant que produits, mais également pour minimiser tout effet adverse sur l’environnement lorsque l’utilisation prévue des produits est terminée.
À la fin de leur vie, les produits fabriqués à partir de plastiques dégradables doivent se dégrader au bon endroit, au bon moment et dans le bon environnement final.
Directives de l’Association canadienne de l’industrie des plastiques (ACIP) pour les plastiques dégradables
Les directives de l’ACIP sur les plastiques dégradables incluent un Guide de gestion de produit et Engagement pour les plastiques dégradables, et la commandite d’une récente étude de Recyc-Québec qui examine l’impact des sacs de plastique dégradables sur le recyclage des sacs de plastique traditionnels. Cette étude est particulièrement pertinente pour les sociétés et organisations qui envisagent d’utiliser des sacs dégradables qui ne sont pas certifiés compostables. Un aperçu de l’étude menée par Recyc-Québec est fourni à l’Annexe I des présentes.
Objectif :
L’ACIP est fière de travailler avec des partenaires réputés afin d’apporter uniformité et compréhension dans l’utilisation et la commercialisation des revendications de dégradabilité afin de réduire la confusion qui existe sur le marché canadien. L’ACIP s’est engagée à fournir aux principaux intervenants des données scientifiques solides à propos des plastiques et de leurs utilisations appropriées. À cette fin, l’ACIP a publié un document qui souligne les principales considérations dont devraient tenir compte les détaillants et détenteurs de marque lorsqu’ils prennent des décisions concernant l’utilisation de plastiques dégradables.
Plastiques dégradables et plastiques biodégradables
Les plastiques dégradables désignent essentiellement un groupe de plastiques qui utilisent la chaleur, l’humidité, la lumière du soleil et/ou des enzymes pour raccourcir et affaiblir les chaînes polymériques des plastiques. Ceci entraîne une « fragmentation ». Toutefois, de plus petits résidus restent après la fin du procédé de dégradation.
Les plastiques biodégradables font pour leur part appel à des microorganismes qui consomment ces plus petits résidus, lesquels constituent une source de nourriture et d’énergie pour eux. Les produits résultants sont l’eau, le dioxyde de carbone et l’humus. Une biodégradation peut durer longtemps ou non, selon les conditions présentes dans l’environnement (c.-à-d. l’humidité, les bactéries, etc.).
Afin de comprendre le rôle des plastiques dégradables dans la gestion intégrée des déchets, il est important de noter les différences entre les classes de matériaux dégradables et de les relier à des applications particulières (voir le tableau 1).
Tableau 1
Tous les types mentionnés ci-dessous, à l’exception du type photodégradable, sont biodégradables. Les différences entre ces types reposent sur la manière dont ils se dégradent et sur quelle période.
Compostable
Matériaux qui sont conçus pour se dégrader en eau, en dioxyde de carbone et en humus dans des conditions de compostage commerciales/industrielles sur une période de 180 jours et qui ne laissent aucun résidu visible, toxique ou facile à distinguer.
Oxo-biodégradable
Matériaux qui utilisent un additif chimique pour commencer le processus de dégradation, les restes se biodégradant au fil du temps.
Soluble dans l’eau
Matériaux qui se dégradent dans l’eau, normalement à l’intérieur d’une plage précise de températures, et qui se biodégradent ensuite par l’action de microorganismes présents dans le système d’épuration des eaux usées.
Photodégradable
Matériaux qui utilisent le rayonnement ultraviolet (UV) pour déclencher le processus de dégradation, lequel entraîne éventuellement la fragmentation du matériau en de minuscules particules.
Principaux éléments dont il faut tenir compte lors de la sélection des options du plastique dégradable
1.Matériaux compostables
Par exemple, les entreprises ou les organismes qui recommandent l’utilisation d’un sac en plastique dégradable dans leur programme municipal de compostage doivent traiter avec des fournisseurs qui peuvent présenter une preuve documentée que leur produit est approprié pour cette application particulière. Il existe des programmes qui permettent aux fournisseurs de sacs de faire certifier leurs produits par une tierce partie qui atteste que le sac se comportera d’une manière satisfaisante dans un environnement particulier. Une certification indique que le matériau est conforme à une norme pour les plastiques compostables, comme la norme ASTM D 6400, qui nécessite que le sac, une fois mélangé avec une matière organique, se désintègre en 84 jours, se biodégrade en dioxyde de carbone, en eau et en humus en 180 jours et qu’il ne laisse aucun résidu toxique qui touche la qualité du compost résultant.
Principales questions à poser :
1.Votre produit se biodégradera-t-il et se décomposera-t-il à la même vitesse que les déchets alimentaires dans le site municipal de compostage?
2.Votre produit modifiera-t-il la qualité du compost de quelque manière que ce soit?
3.Votre matériau est-il conforme à la norme ASTM 6400?
4.Avez-vous de la documentation qui provient d’une tierce partie pour soutenir vos revendications?
Récemment, le Bureau de normalisation du Québec (BNQ), qui est accrédité auprès du Conseil canadien des normes, a annoncé son programme de certification des sacs compostables.
2.Matériaux non compostables
Si une entreprise ou un organisme songe à utiliser des produits dégradables pour une application autre que le compostage, par exemple comme moyen d’éliminer les déchets sauvages ou pour libérer de l’espace sur un site d’enfouissement, l’entreprise devrait alors exiger une preuve documentée que le matériau se comportera de manière appropriée dans ces applications. S’il existe une possibilité que le matériau entre dans le flux municipal de recyclage, l’entreprise ou l’organisme devrait alors demander des preuves qui montrent que ce matériau est compatible avec les programmes actuels de recyclage.
Principales questions à poser :
1.Existe-t-il une possibilité que le matériau entre dans le flux de recyclage?
2.Le matériau est-il compatible avec le programme actuel de recyclage des plastiques?
Différents sacs de plastique dégradables ont été soumis à des tests dont les résultats se trouvent à l’Annexe I des présentent et au www.cpia.ca.
3.Quel est le temps de dégradation? Quels sont les sous-produits d’une dégradation, p. ex., des gaz à effet de serre, etc.?
4.Avez-vous de la documentation fournie par une tierce partie pour soutenir vos affirmations que le matériau se dégradera?
Le Canada possède une norme, Can/CSA – ISO 14021-00, qui fixe les exigences des revendications écologiques auto-déclarées. Cette norme est référencée par Industrie Canada dans la règlementation et le non-respect de cette norme peut entraîner une plainte auprès du Bureau de la concurrence.
Il incombe aux fabricants de produits dégradables d’offrir des renseignements clairs, précis et cohérents sur leurs produits afin que les entreprises, les organismes, le gouvernement et les consommateurs aient des renseignements adéquats pour faire un choix de matériaux qui est vraiment cohérent avec leurs besoins.
Pour tout complément d’information :
Veuillez communiquer avec le Dr Fred Edgecombe à fedgecombe@cpia.ca
Pour prendre connaissance de la Position officielle de l’ACIP sur les plastiques dégradables, rendez-vous au :
http://www.cpia.ca/newsroom/details.php?ID=1056&lang=FR
Pour en savoir plus sur les initiatives de l’ACIP en ce qui a trait aux plastiques dégradables, visitez le :
http://www.cpia.ca/newsroom/details.php?ID=1669&lang=FR
Annexe I
L’ACIP et ses partenaires ont financé une étude de Recyc-Québec qui a mesuré l’impact des sacs en plastique dégradable sur le recyclage des sacs en plastique traditionnels.
L’AFPPC, en collaboration avec Recyc-Québec, la ville de Montréal et l’Oxo-biodegradable Products Institute (OPI), a confié au Centre de recherche industrielle du Québec (CRIC) la tâche d’étudier l’effet de mélanger divers types de sacs en plastique dégradables avec du polyéthylène sur le recyclage des sacs.
L’étude a porté sur deux types de plastiques hydrobiodégradables et deux types de plastiques oxobiodégradables.
L’étude a examiné les propriétés mécaniques de sacs en plastique recyclés fabriqués à l’aide de différents mélanges et de différentes formulations de sacs en plastique dégradables et traditionnels. Les produits dégradables n’ont pas été mélangés ensemble.
Seuls des mélanges contenant jusqu’à 50 % de plastiques dégradables ont été examinés lors de cette étude.
Résultats particuliers liés aux quatre types de plastiques dégradables
1.Lors de tentatives de production de pellicules, les polymères utilisés dans les deux sacs en plastique hydrobiodégradables (certifiés compostables) testés se sont révélés incompatibles avec ceux de sacs en polyéthylène traditionnels.
2.Les deux échantillons de sacs oxobiodégradables testés pouvaient être mélangés avec les sacs en polyéthylène traditionnels afin de produire des pellicules. Toutefois, des pellicules fabriquées à partir d’un des sacs oxobiodégradables et du matériau traditionnel ont échoué lors du processus de vieillissement.
3.Tous les matériaux testés pouvaient être incorporés dans des sections épaisses (profils) avec du polyéthylène traditionnel. Les profils qui comprenaient des sacs hydrobiodégradables présentaient des propriétés de flexion inférieures à celles des échantillons témoins.
Position de l’ACIP
Il s’agissait d’une seule étude avec un seul ensemble de paramètres. Comme l’étude n’a examiné que le recyclage de sacs en d’autres sacs, ses résultats ne sont pas finaux. L’étude n’a pas vérifié l’impact des sacs dégradables sur la fabrication du bois synthétique, un marché de recyclage d’une importance capitale, ou l’impact de concentrations de plus de 50 % de sacs dégradables.
Les résultats des tests indiquent qu’il existe un besoin de certification par une tierce partie des revendications relativement à la compatibilité des sacs dégradables avec le recyclage des sacs traditionnels et d’un symbole de certification très visible sur le sac.
Cette étude reconnaît qu’un marché croissant et sain du recyclage des pellicules et des sacs en plastique ne peut survenir que si les différents flux de sacs sont correctement gérés.
Il faut établir des normes claires pour les différents produits dégradables.
L’ACIP soutient le programme de certification nouvellement lancé par le BNQ ainsi que les normes établies pour les sacs compostables au Canada. Le compostage gagne en popularité dans toutes les villes du pays et les sacs en plastique compostable jouent un rôle très important dans le détournement des produits organiques des sites d’enfouissement.
La nouvelle initiative de l’ACIP relativement à la réalisation d’un guide de gestion de produit et d’engagement pour les plastiques dégradables favorisera une uniformité sur le marché et servira de cadre de travail pour les fabricants, les utilisateurs, les spécificateurs et les acheteurs pour orienter la conception, la fabrication et la commercialisation de ces produits.